dimanche 17 avril 2011
Fulgurance pour un vieil ami
Mon tendre ami,
que lis-je ?
Vous parcourriez des lieues à la vue de ma gorge,
et pour celle-ci même, le cœur vous tourmenterait ?
Vous parlez donc si peu de l'esprit que je forge
Et votre épiphonème fige mes humbles attraits.
Mais, Monsieur, croyez-le, c'est bien d'une épitoge
Que votre corps suprême je voudrais décorer
Si vous appreniez mieux à manier les éloges,
Du pieux prélat que j'aime vous auriez tous les traits !
Quand je parle de pureté et de virginité,
je ne fais allusion alors qu'à l'abandon de toutes perversions.
Car l'amour réciproque aussi charnel soit-il
est une chose belle et pure qui ne saurait atteindre l'innocence enfantine qui vit au fond de nous.
Et pensez bien alors que j'abhorre plus que vous
les dogmes populaires des judéo-crétins moitiés Hommes moitiés fous.
Quand d'un alexandrin j'honore le palatin de mes rêves héontés,
c'est en réalité que j'aimerais voir ce sage libre de son plumage d'oiseau de paradis
qui ne représente rien d'autres qu'un prestige animal,
bien éloigné de tout ce que l'amour, le vrai,
ce fameux sentiment plus humain et plus noble
que celui provoqué par tous les apparats dont s'accoutre notre page,
nous donne à espérer.
Je voudrais bien le voir ce pauvre homme carriériste
sans plus guère d'illusion, revenir à la vie, nu comme un limaçon
assis sur cette toge qu'il avait désirée durant maintes années,
regardant cette femme, cet être comme vous et moi, qui l'émeut plus que Dieu, que le pape et les rois,
celle-là lui rendrait la vue et la lumière qu'il avait à son âge déjà vaguement perdu.
Et sans plus hésiter, il jetterait loin derrière ses bijoux et son titre, fut-il honorifique,
puis partirait au bras de la douce enjôleuse qui lui ferait découvrir l'Amour et puis le monde !
Jane Doe - Août 2008
El crimen del padre amaro
lundi 11 avril 2011
Petite brève révélatrice
Limoges le 18 mars dernier :
Un piéton qui marche sur la chaussée, en dehors des clous, n'ayant pas ses papiers d'identité sur lui, se retrouve menotté, emmené au poste et verbalisé.
dimanche 10 avril 2011
Là où j'étais chez moi
Je tenais à vous faire part de la lecture qui m'a le plus marquée ces dernières semaines. C'est le cadeau d'anniversaire que m'a offert un ami parfaitement inspiré, ou me connaissant extrêmement bien.
Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès.
Un ouvrage extraordinairement bien écrit, documenté, fluide, drôle, bien agencé. De la littérature de très haut niveau. Je pourrais continuer les éloges jusqu'à plus soif, mais mieux vaut que vous vous y plongiez vous-même.
C'est la première fois que terminer un livre fut pour moi un déchirement. J'aurais voulu qu'il m'accompagne toute ma vie.
Ce sont plusieurs histoires enchevêtrées sans correspondance apparente au début. Celle d'Eleazard, journaliste français, à Alcântara, bourgade du nordeste brésilien. Intellectuel vivant seul avec son étrange perroquet Heidegger n'ayant qu'une phrase au bec : "l'homme a la bite en pointe". Depuis sa séparation d'avec sa femme, Elaine, et l'émancipation de sa fille, Moéma, le correspondant-écrivain tourne en rond. Jusqu'à ce qu'on lui confie l'annotation de la biographie d'un jésuite de l'époque baroque, Athanasius Kircher, rédigée par son disciple Caspard Schott, et qu'une mystérieuse italienne vienne se perdre dans sa ville-fantôme. Chaque partie du roman est introduite par un chapitre de la biographie du prêtre scientifique farfelu et fascinant. Mais c'est aussi l'histoire de la jeune Moéma, étudiante rebelle en quète d'un monde meilleur et de sa mère, archéologue passionnée, ayant entrepris un voyage périlleux dans le Pantanal, de l'autre côté du Brésil. Le tout entrecoupé des aventures et des ranceurs de Nelson, jeune handicapé vivant dans la favela de Pirambu, à Fortaleza, et des manigances de José Moreira da Rocha, gouverneur verreux du Maranhão. Une plongée dans les profondeurs d'un Brésil absurde, multicolore, plein de mort, plein de vie.
vendredi 8 avril 2011
Documentaire sur Onfray
Du 8 au 15 avril, vous pouvez visionner le documentaire de 52 minutes d'Olivier Peyon, co-écrit par FOG "Empreintes - Michel Onfray - Philosophe citoyen"
http://documentaires.france5.fr/documentaires/empreintes/michel-onfray-philosophe-citoyen
mardi 21 septembre 2010
Berko Monte, le barrage de la mort (culturelle et environnementale)
Ça ressemble à un titre de film d'horreur bas de gamme, et pour cause.
Vous avez peut-être déjà entendu parler de Belo Monte, la troisième plus grande usine hydroélectrique du monde ? 516 km², 11 233 MW (contre 600 à 1650 MW pour un réacteur nucléaire actuel), un monstre d'ingéniosité humaine, pouvant subvenir jusqu'aux besoins énergétiques de 10% de l'ensemble de la population brésilienne à lui seul (ou des industries implantées sur le territoire, je ne sais plus bien ;p, il faudrait que je relise le cours du professeur Lula). Et le tout devinez où...
Ici :
© Google Maps
Sur le Rio Xingú, un affluent de l'Amazone. Ce territoire est peuplé d'indiens, vivant majoritairement du commerce de poissons. C'est là que depuis 30 ans le gouvernement brésilien a décidé qu'il serait bénéfique d'implanter un barrage gigantesque, quitte à le faire seul si les investisseurs se retirent du consortium pour cause de rentabilité menacée. D'ailleurs, si GDF SUEZ s'est couché, ce n'est pas suite à une prise de conscience due à la visite élyséenne de Raoni, le chef indien symbolique, mais plutôt à cause d'un plafond du prix au MWh revu à la baisse (83R$/MWh) devenant non (pas assez) rentable. Avec ce projet, Lula souhaite répondre aux besoins énergétiques de son pays sans cesse grandissants (la coupure d'électricité est un problème largement éprouvé par les brésiliens). Il espère également mettre en évidence le dynamisme de son pays et sa capacité à accueillir de grands ouvrages humains...
Les investisseurs se proposent de reloger les populations indigènes. Vous savez ? Comme lorsqu'on applique le principe de précaution dans des zones jugées noires. Sauf que, ironie de la grandeur technique de l'homme, cette fois il s'agit de se prémunir contre les dangers causés par... je vous l'donne en mil ! L'homme lui-même ! Reloger des indiens, sédentaires, liés à leur terre depuis des siècles par des cultes animistes, une histoire, une culture. Ça ne vous semble pas quelque peu inconsidéré ? Autre "drôlerie", ils voulaient appeler le site Kararaô par respect envers le peuple indien. De quoi déconcerter.
Depuis 30 ans, les rapports se succèdent, alarmant les autorités brésiliennes contre les dégâts environnementaux que pourra causer cette usine. Sécheresses sévères et raréfaction des poissons due au manque d'eau et à un écosystème perturbé, perte de cultures ancestrales participant pourtant à la préservation de la forêt amazonienne de part un mode de vie simple et écologique.
Mais qu'importe. De toutes manières, les peuples indigènes se délitent d'ores et déjà. Et cela fait la part belle à nos grands créateurs techniques. Au sein des tribus sont nées des divisions entre les personnes pour et celles contre ce grand projet "national". Car, malgré les exactions commises contre les "rebelles" - ceux qui militaient pour préserver leur terre et se sont vu dissuadés à coups de méthodes des plus barbares - certains se sont laissés séduire par l'apport d'un nouveau type de vie, d'une forme nouvelle pour eux d'accès aux richesses (la promesse de pas moins de 80 000 emplois) - rappel du salaire minimum : 500 R$, soit 225€ - et à une certaine paix. On connaissait déjà les suicides collectifs, et les génocides d'indiens. C'est aujourd’hui la capitulation qui peu à peu fait disparaître ces peuples. Autant vous dire que cette déliquescence est une aubaine.
Le 20 avril dernier, Lula a signé. L'accord du consortium Norte Energia dirigé par Eletrobras a eu le dernier mot, malgré les recours présentés par un tribunal du Pará visant a suspendre l'appel d'offre.
Si l'on trouve qu'il est arriéré et inhumain de décimer des populations silencieuses pour favoriser des entreprises minières, si l'on pense qu'il vaudrait mieux investir dans des programmes respectueux des populations et de l'environnement, comme l'amélioration des usines hydroélectriques déjà existantes, la constructions de plusieurs petites usines, ou autres projets pertinents suggérés çà et là, il est encore temps d'agir. On ouvre sa boîte mail, comme le propose le bien-inspiré Anthropopotame, et on tape un mot doux à l'Ambassadeur du Brésil, Son Excellence José Mauricio Bustani (ambassadeur(at)bresil.org), ou au Secrétaire Général, M. le Ministre Conseiller Laudemar Gonçalves de Aguiar Neto (geo(at)bresil.org) pour leur faire part de son indignation, sans toutefois dévier vers des considérations mal à propos. (ajout du 28/02/2011 : Une pétition circule en ce moment sur internet. Signez-la ;-))
Bien à vous,
Jane
Sources : Wikipedia, Zegreenweb, CCFD Terre solidaire, Estadão, GaïaPre sse, Blog de Catherine Grèze, Courrier international, GDF SUEZ.
lundi 20 septembre 2010
Bohémiens en voyage
La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s'est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.
Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots ou les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.
Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,
Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L'empire familier des ténèbres futures.
Charles Baudelaire
dimanche 19 septembre 2010
L'invitation au voyage
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Charles Baudelaire
lundi 24 août 2009
LE SOUCI DES PLAISIRS
Si vous ne connaissez pas Michel Onfray, j'ai presque envie de vous plaindre. Sauf, bien sûr, si vous êtes d'ores et déjà libéré des carcans millénaires qui nous encombrent. Le garçon a fait tout le boulot ! Réflexion, recherches documentaires, rassemblement chronologique et didactique. Il nous délivre aujourd'hui une philosophie simple, débroussaillée, positive, et surtout, à la portée de tous.
Là où d'autres, plus mystiques que philosophes, nous renvoient sans cesse à des interrogations auxquelles on ne pourra jamais répondre, Onfray vous propose d'accepter la condition humaine et de vivre le mieux possible au présent dans le respect de soi et de tous les êtres vivants. Il condamne parfois, mais personne ne souhaite réhabiliter ce qu'il désapprouve. En revanche, il "défrustre" les engorgements créateurs de haine, de blocages, d'incompréhension, de refus de l'autre et avant tout... de soi.
J'ai écouté la version audio de son ouvrage "Le Souci des Plaisirs", divinement lu par Fanny Ardant. Je ne me suis jamais sentie aussi proche de cet homme auparavant. Il semble que nous ayons accompli une même démarche lui et moi (pour ma part dans une bien moindre mesure) qui consistait, dans un premier temps, à écouter le monde, le sentir, saisir ses anomalies, puis dénoncer le nihilisme du catholicisme (qui nous a bercé), et enfin, se pencher profondément sur notre corps, sentant bien que notre "puissance d'exister" provenait, pour le moment, de ce lien corps-esprit.
Alors pour ceux que mon avis intéressent, ou bien ceux qui s'en foutent mais qui accordent de l'importance à celui d'Onfray, je vous conseille ce bouquin (mon préféré de l'auteur), qui retranscrit très bien ma propre pensée (et peut-être la vôtre, ou pas...) sur la liberté individuelle, et la sexualité.
Bonne lecture et au plaisir...
Michel Onfray a créé L'université populaire du goût dont le site sera sûrement bientôt mis à jour :) Il est également l'initiateur de la très populaire université de Caen où sont promulgués des cours de philosophie pour tous et gratuitement.
jeudi 4 juin 2009
C'est important quand-même...
C'est important quand-même d'avoir une voix puissante en Europe en faveur d'une politique de l'environnement.
Préserver l'environnement, c'est préserver les hommes d'abord.
Alors je l'avoue, j'espère encore une chose : que les 3 personnes qui se seront perdues sur mon blog réfléchiront à cette possibilité. Un vote vert.
Europe Ecologie spot campagne n° 2, Elections Européennes
envoyé par EuropeEcologie. - L'info internationale vidéo.
Elections européennes 2009, pour un vote pragmatique et amoureux
Le 7 juin prochain nous avons la possibilité de voter pour choisir des représentants au Parlement Européen.
Faisons un petit état des lieux.
Bien sûr les sondages prévoient en tête (pour la France) l'UMP, puis le PS. Mais sur la troisième marche du podium, je lis dans Le Monde.fr que cela pourrait bien être Europe-Ecologie. Alors que le site Élections Européennes 2009 nous fait l'apologie du "vote utile", je demande comment pensez-vous vous rendre vraiment UTILES ?
Cette propagande de la Majorité ne vise qu'à faire taire les dissidents, et c'est bien regrettable, car ils seront les plus propices à exposer des propositions innovantes. Alors j'espère...
J'espère que notre vieux pays sera, pour une fois, un modèle d'innovation, de fraîcheur de pensée, de clairvoyance, que les votes seront représentatifs d'un espoir retrouvés, d'une force motrice, et non pas à l'image du désespoir dont on essaye de nous accabler.
J'espère que les européens ne focaliseront pas sur leur porte-monnaie dans l'isoloir, mais qu'ils auront plutôt en tête le visage de leurs enfants.
J'espère que leur conscience leur rappellera l'état du monde actuel, et que leur imagination leur permettra de rêver à demain.
J'espère que ceux qui pensent penseront pour deux, et s'éloigneront des intentions de vote qui reviennent à réveiller chez ceux dont le coeur est atrophié les plus bas instincts du genre humain.
J'espère avoir une raison d'être fière du pays d'où je viens.
Je ne me fais pas d'illusions car il désagréable d'être déçu, mais j'ose quand même espérer.
Il faut voir loin, voir grand et voir beau.
Pour info :
Centre National des Indépendants
Rassemblement pour l'Initiative Citoyenne
Citoyenneté et Culture Européenne
Alliance Ecologiste Indépendante
Solidarité – Liberté, Justice et Paix












